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Cours de formation générale : séquence A/5

Comme tous les cours de formation générale, cette page comprend 3 unités :

  1. Le cours de théologie biblique (seuls les titres de chapitre sont actuellement disponibles)
  2. Le cours de doctrine ;
    accompagné des lectures complémentaires
    (à télécharger)
  3. Le cours d'histoire de l'Eglise (ou plus exactement les fiches distribuées lors des cours)

1.

  Plan du cours de théologie biblique (A/5)

1/ JOSUÉ : LE NOUVEAU MOÏSE

a/ Un second berger pour Israël

b/ Dieu ouvre à nouveau le chemin du salut

c/ Le peuple ratifie les clauses de l'Alliance

d/ Dieu, le seul chef d'Israël


2/ LA CONQUÊTE ET L'ÉTABLISSEMENT EN CANAAN

a/ Les clés du succès

b/ L'extermination des nations cananéennes

c/ La génération de la désobéissance

d/ L'expérience de la malédiction

e/ L'expérience de la fidélité de Dieu

2.

Cours de doctrine A/5
L’ALLIANCE DE GRACE ET LE SALUT DE L’HOMME

C’est par la grâce de Dieu que vous avez été sauvés, au moyen de la foi. Ce salut ne vient pas de vous, il est un don de Dieu ". (Ep.2/8).

Ici réside la particularité fondamentale de la foi chrétienne quant à la conception du salut. Loin de toutes les religions ascensionnistes où l’on prétend faire ou coopérer à son salut, la Bible nous enseigne que le salut de l’homme repose tout entier, de A jusqu’à Z, sur Dieu.

L’ŒUVRE DE DIEU POUR NOTRE SALUT

- La situation irréversible dans laquelle l’homme s’est trouvée en Adam appelle un nouvel acte de Dieu, lequel va se surajouter à l’œuvre créatrice originelle, il s’agit de son œuvre rédemptrice. Ainsi, Dieu se révèle à nous à la fois comme Seigneur et Sauveur, législateur et conducteur, juge et défenseur.

- Cette activité de Dieu pour le salut de l’humanité s’articule entièrement autour de l’acte central du Christ mourant sur la croix (1Co.2/2). C’est là l’acte salvateur par excellence dans lequel se dévoilent et s’accomplissent toute la justice et toute la bonté de Dieu.

- Après s’être uni à nous dans l’incarnation, le Fils de Dieu s’est substitué aux hommes coupables dans le sacrifice de la croix. Dès lors, pour que cet acte atteigne les hommes, il est nécessaire que ceux-ci soient unis à leur tour à la personne de Jésus-Christ, qui désormais les représente devant Dieu. Ainsi le Christ devient le " second Adam " (1Co.15/21-22 et 45-49) d’une humanité justifiée.

- Cette union (ou communion) s’accomplit par le baptême de l’Esprit qui nous fait membre du Corps de Christ (1Co.12/13). La seule condition pour l'accueil de l'Esprit étant la foi qui n'est que réception de la grâce (Ga.3/2). La vie du Christ ressuscité devient, dès lors, le privilège et l’expérience commune de tous les croyants. Ce salut met donc en évidence le thème central de l'alliance entre Dieu et les hommes.

LA REALISATION DE L’ALLIANCE

- Révélée dans le temps et dans le cours de l’histoire, cette volonté de Dieu de sauver l’homme de la ruine, et de lui donner la justice et la vie, est désignée en théologie par l’expression : " alliance de grâce ". La grâce de Dieu s’exprime dans un premier temps, essentiellement sous la forme d’une patience vis-à-vis de l’humanité déchue (exprimée clairement dans l’alliance noachique), pour se réaliser ensuite en promesse de salut avec Abraham.

- Cette alliance est une relation que Dieu impose dans sa souveraineté. Abraham n’est pas consulté ! Il plaît à Dieu de faire alliance avec lui. De même, sa descendance est inclue d’autorité dans cette alliance (circoncision le 8e jour). Ainsi Dieu choisit comme il l’entend les héritiers de son œuvre de salut (Dt.7/6-8 ; Ma.1/2-3 ; 1Th.1/4).

- Ce type d'alliance inconditionnel conclu avec Abraham n’est pas annulé par l’événement du Sinaï et le don de la loi. (Ps.105/8-10 ; Ga.3/17-18). Cet événement constitue une nouvelle étape de l’alliance, dispensation préparatoire à l'accomplissement en Jésus-Christ (Ga.3/23-24).

- Le Nouveau Testament marque le temps de la " Nouvelle Alliance ", ou plus exactement de l’alliance renouvelée, accomplie dans son ultime dispensation (Lc.1/54-55, 70-75 ; Mt.26/27-28 ; Ac.3/25). L’alliance de grâce étant essentiellement la même dans toutes les dispensations, les chrétiens (même non-Juifs) sont fils d’Abraham (Ga.3/7), et ceux qui croient aujourd’hui sont bénis avec Abraham le croyant. Avec lui, ils entrent dans la même alliance et reçoivent les mêmes promesses (Rm.4/13, Hé.11/10, 19).

UN MOYEN POUR UNE FIN

- L’alliance de grâce est fondée en Dieu seul, c'est pourquoi elle est éternelle et irrévocable (Ge.17/7, 1Ch.16/14-17, Hé.13/20), elle transcende les situations historiques comme les développements de la Révélation. Il est vrai que les hommes peuvent s’exclure des plus grands bienfaits de l’alliance (notamment le salut éternel), mais ils ne sauraient rompre par eux-mêmes un contrat dont Dieu seul est l’initiateur et le garant (Ex.20/5-6 ; Rm.11/1-6 et 11-12 ; 2Ti.2/12-13).

- Au sein de l’alliance l’homme est appelé à répondre à la grâce qui lui a été faîte ; et par l’effet de cette même grâce il est à même d’y répondre (Dt. 30/6). Cette réponse c’est essentiellement la foi (Ha. 2/4). Ainsi la foi n’est pas une condition de l’alliance mais le fruit de l’alliance. Elle est le moyen de l'Esprit par lequel l'homme peut se mettre au bénéfice de toutes les promesses de l’alliance (Hé.11/2, 6, 33).

- Dans l'histoire du monde, l’alliance de grâce est rendue tout à fait visible par l’existence d’un peuple (Israël-l'Eglise) qui bénéficie des promesses de l’alliance. C’est la foule des " appelés " de laquelle apparaîtront au dernier jour les élus (Mt.22/14), c’est-à-dire ceux qui auront répondu de cœur à la grâce dont ils ont été l’objet durant leur pèlerinage terrestre.

Lectures complémentaires
à télécharger

de Pierre Marcel : 2 extraits de "Le baptême, sacrement de l'alliance de grâce" la Revue Réformée n°2-3, 1950 (voir note ci-dessous) ;
- les pages 47 à 55 consacrés à l'alliance dans l'histoire ;
- les pages 74 à 79 décrivant les caractéristiques essentielles de l'alliance.


document RTF de 58 ko

Note : Cette étude étant devenue introuvable, les éditions Kerygma ont eu l'initiative d'en reprendre l'essentiel dans un ouvrage de 120 pages intitulé : "L'alliance de grâce". Paru à la fin de l'année 2000, il est actuellement disponible aux Editions Kerygma ; 33 av. Jules Ferry, 13100 Aix-en-Provence, France.

3.

Histoire de l'Eglise (A/5)

Le document ci-dessous est essentiellement issus d'un dossier catéchétique publié au début des années 70 par la Société des Ecoles du Dimanche et intitulé : "30 fiches d'histoire de l'Eglise". Ce dossier n'est plus édité.

Le grand schisme de 1054

L'Église d'orient


L Les IXe et Xe siècles sont une période de troubles : décadence de l'empire carolingien, instabilité du pouvoir pontifical, invasion des Normands et des Sarrasins, affermissement de la féodalité. Après les conditions de vie difficiles de l'an 1000, l'occident prend cependant un nouvel essor.

L Pendant toute la période du haut-Moyen Age, on voit s'établir de plus en plus nettement une séparation dans l'Eglise, Eglise d'orient d'un côté et Eglise d'occident de l'autre; et en 1054 c'est la rupture entre ces deux Eglises.

 

SITUATION DE L"OCCIDENT.

1. - Le traité de Verdun en 843 partage l'empire de Charlemagne en trois royaumes : la Francie occidentale, la Francie orientale et entre les deux, la Lotharingie. Ainsi divisé, l'empire carolingien se désagrège rapidement, ce qui entraîne en particulier une décadence de la culture occidentale.

Au IXe siècle l'occident connaît à nouveau des invasions, celle des Normands qui ravagent les côtes de la Manche et celle des Sarrasins en Italie. Privés d'une royauté puissante, les habitants se mettent sous la protection des seigneurs locaux qui prennent une nouvelle influence dans les domaines politique et ecclésiastique.

2. - De même un grand désordre règne dans l'Eglise à la fin du IXe siècle et au début du Xe siècle. La papauté devient un jouet de la noblesse romaine qui veut à tout prix dominer églises et couvents.

En France, presque tous les couvents passent aux mains des princes et se trouvent soumis au régime féodal.

3. - A la fin du Xe siècle, alors que le pouvoir du roi faiblit et que celui de la noblesse se développe, l'Église devient l'armature de la société.

4. - Dans cette situation intéressante mais parfois difficile de l'Eglise, un événement considérable se produit : la séparation, qui dure, toujours, de l'Eglise d'occident et de l'Eglise d'orient.


II. - LES RAISONS DU SCHISME.

1. - La rareté des échanges, sur le plan culturel comme sur le plan commercial, provoque des répercussions dans le domaine de l'Église. Dès le Ve siècle deux mondes sont en présence : d'un côté l'orient où l'empire présente une réelle unité, de l'autre l'occident qui comprend un certain nombre de royaumes n'ayant aucun lien organique.

2. - La différence des langues met en présence et en opposition les " Grecs " de l'orient et les " Latins " de l'occident ; très rares sont ceux qui parlent les deux langues à la fois ; deux littératures chrétiennes se développent côte à côte sans se pénétrer.

3. - La rivalité entre les autorités prend dans l'Eglise des proportions importantes : les Eglises d'orient se groupent autour de quatre sièges épiscopaux qui sont les patriarcats de Constantinople, Antioche de Syrie, Jérusalem et Alexandrie d'Egypte. Les Eglises latines reconnaissent une autorité supérieure à un seul évêque, celui de Rome, le pape. De là une rivalité d'influence entre le pape de Rome et le patriarche de Constantinople.

4. - Opposition de mentalité : les Grecs sont plus mystiques, plus discuteurs aussi, souvent plus cultivés que les Latins, lesquels ont un tour d'esprit plus juridique et sont souvent plus pratiques.

5. - Il existe aussi des différences appréciables au sujet de la doctrine. Les Orientaux ont critiqué certaines nouveautés introduites dans l'Eglise latine, comme le développement du culte des morts et des saints, l'emploi du pain sans levain (hostie) dans la communion, l'extension de certains jeûnes, l'interdiction du mariage des prêtres ; surtout ils refusent l'introduction du filioque dans la récitation de la Confession de foi : les Latins enseignent que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (en latin : filioque) alors que les Grecs maintiennent l'ancienne formule plus simple : le Saint-Esprit procède du Père.


III. - LE GRAND SCHISME DE 1054.

1. - Première rupture.

En 858, à propos de la nomination de Photius comme patriarche de Constantinople, une première crise grave se manifeste, qui aboutit à une première rupture. Les synodes d'union du Xe siècle ne donnent aucun résultat.

2. - La crise du XIe siècle.

A l'avènernent de Michel Kéroularios au patriarcat, l'union de Rome et de Constantinople n'est déjà plus une réalité. Le nouveau patriarche n'envoie pas sa prise de possession au pape comme il aurait dû le faire. Puis, au cours de l'année 1052, le, patriarche de Constantinople agit contre les Latins installés dans sa ville en faisant fermer leurs églises.

L'année suivante, une lettre envoyée par l'archevêque de Bulgarie à un évêque de Basse-Italie est considérée comme une attaque personnelle de Michel Kéroularios contre le pape et le clergé occidental ; dans cette lettre l'archevêque entend exposer aux Latins quels obstacles s'opposent à l'union en attirant leur attention sur certaines pratiques qui expriment précisément des points de divergence entre les deux Eglises.

3. - La rupture, ou schisme, de 1054.

A la suite de ces différents événements, la situation devient très tendue : une ambassade, envoyée par le pape à Constantinople pour discuter des questions litigieuses, renonce au dialogue et dépose une bulle d'excommunication contre le patriarche de Constantinople, Michel Kéroulorios, le 15 juillet 1054. Peu après le patriarche répond par une autre excommunication. C'est le schisme.

Ainsi demeurent en présence deux grandes Eglises : l'Eglise catholique romaine (ou latine) et l'Eglise orthodoxe d'orient (ou grecque).


IV. - L'EGLISE ORTHODOXE.

1. - L'Eglise orthodoxe se considère dans la continuité ininterrompue du message évangélique reçu à travers les Apôtres et les Pères, en particulier les Pères grecs, et les sept conciles oecuméniques réunis en orient avant le schisme.

2. - Elle se fonde sur trois grands principes : l'Eglise est le corps du Christ ; elle est le peuple de Dieu et le temple du Saint- Esprit ; l'Eglise, à l'image de la Trinité, est une et diverse.

3. - La liturgie extrêmement développée est un point essentiel de la spiritualité orthodoxe. Son but est à la fois d'annoncer le Royaume et de faire pressentir sa présence. Elle actualise l'événement biblique. La liturgie culmine dans le culte eucharistique où s'unissent le ciel et la terre.

 

THEMES DE TRAVAUX ET DE RECHERCHE

1. Voici le monogramme du Christ reproduit sur une pièce de monnaie de Byzance. Que signifie exactement le signe gravé sur cette pièce ?

2. Pour l'Eglise orthodoxe la vénération des icones est un dogme de foi, formulé par le 7e concile oecuménique. Qu'est-ce qu'une icone ?
Quel rôle les icones jouent-elles dans la vie spirituelle des chrétiens orthodoxes ?

 

 Documents :

 

LES ANATHEMES RECIPROQUES DE 1054.

Humbert, par la grâce de Dieu cardinal évêque de la Sainte Eglise Romaine, à tous les fils de l'Eglise catholique.

" Que Michel, abusivement patriarche, néophyte qui a reçu l'habit de moine seulement par une crainte humaine, et qui a été discrédité par des crimes affreux, et qu'avec lui Léon, le prétendu évêque d'Acrida, et que le trésorier de Michel, Constantin, qui a foulé de ses pieds profanes l'hostie des Latins, et que tous ceux qui les suivirent dans les dites erreurs et propositions téméraires, soient anathème, Maranatha, avec les Simoniaques, les Valériens, les Ariens, les Donatistes, les Nicolaïtes, les Sévériens, les Pneumatomaques, les Manichéens, et les Nazaréens, et avec tous les hérétiques, bien plus avec le diable et ses anges, à moins qu'ils ne reviennent à des sentiments plus sages. Amen. Amen. Amen..

HUMBERT.

Migne Patrologie grecque Tome 120, pp. 741-746.

Il a été décidé que le premier jour de la semaine prochaine, 24e jour du présent mois de juillet, où l'on doit lire en présence du public, selon la coutume, l'ecthèse du 5e synode, on prononcera l'anathème sur cet écrit impie et sur ceux qui l'ont exposé, écrit, et qui ont donné leur approbation ou leur conseil pour sa rédaction. L'original de cet écrit profane et exécrable jeté par les impies n'a pas été brûlé, mais il a été déposé dans le saint secret du bibliothécaire comme pièce à conviction perpétuelle contre ceux qui ont prononcé de tels blasphèmes contre Dieu, et pour leur condamnation certaine.

MICHEL CERULARIUS Edit synodal

Migne Patrologie, Tome 120, p.748.