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Cours de formation générale : séquence B/2

Comme tous les cours de formation générale, cette page comprend 3 unités :

  1. Le cours de théologie biblique (seuls les titres de chapitre sont actuellement disponibles)
  2. Le cours de doctrine ;
    accompagné des lectures complémentaires
    (à télécharger)
  3. Le cours d'histoire de l'Eglise (ou plus exactement les fiches distribuées lors des cours)

1.

Plan du cours de théologie biblique (B/2)
le schisme et l'histoire des deux royaumes


1/ LE TEMPS DES DÉSILLUSIONS

a/ Salomon, ou la fin d'un rêve

b/ Le jugement sur la royauté infidèle

c/ Un royaume en marge des promesses de l'alliance


2/ DIEU DEMEURE FIDÈLE A SES ENGAGEMENTS

a/ L'alliance n'est pas rompue

b/ L'avenir passe par Jérusalem

c/ Les effets de la grâce

2.

Cours de doctrine B/2
LE PROBLEME DE L’ORIGINE DU MAL

Tout chrétien se pose un jour ou l’autre la question de savoir pourquoi le jardin d’Eden était habité par le serpent. Même les lecteurs d’Ezéchiel 28 qui pensent reconnaître derrière l’histoire du roi de Tyr le récit de la chute de Satan, ne peuvent être satisfaits que pour un temps ; Car comment la seule idée, la seule pensée du mal a-t-elle pu apparaître (v.15) dans un monde qui est tout entier l’œuvre de Dieu, et que le Créateur lui-même qualifie de "très bon" (Gen.1/31) ?
D’où vient le mal ? Quelle est sa nature, a-t-il une raison d’être ? Sur des questions aussi universelles, et abordées depuis des millénaires, on n’apportera pas de réponses nouvelles. L’essentiel de la réflexion consistera donc à bien situer l’enseignement biblique dans le concert des grandes constructions métaphysiques humaines.

LES APPROCHES " OPTIMISTES "

On nommera dans ce groupe des pensées qui ont pour trait commun de relativiser le mal, voire même de le nier par le jeu d’une construction spéculative englobante.

- Le Brahmanisme et le Bouddhisme portent ensemble une doctrine selon laquelle le mal fait partie des "illusions" (maya) qui constituent notre monde sensible. Certes, il y a un pessimisme dans le Bouddhisme puisque toute l’existence est sous le règne de la douleur, mais cette existence même n’est pas la réalité ultime. La réalité c’est le vide ; le mal n’est donc pas réel.

- La philosophie grecque exprime souvent une approche optimiste du problème. Parménide (5e s av. J.-C) : l’Etre est un, en conséquence l’évocation du mal ne peut être qu’une "opinion" finalement décevante (Spinoza - l632-l677- s’approche de ce point de vue en disant que bien et mal n’existent pas en soi mais seulement dans nos modes de pensée). Le stoïcisme prêche l’accueil de tout ce qui arrive car tout vient de la Raison immanente, tout vient de la Nature qui est dieu. Plotin (néo-platonicien du 3es.) est un chantre d’un monde harmonieux où le mal est intégré dans une justification esthétique : " la méchanceté des âmes a sa place dans la beauté de l’univers ".

- La philosophie dialectique de Hegel justifie également le mal en en montrant le caractère fécond. Le mal est le moteur nécessaire du progrès. Il faut le travail de la contradiction (donc du mal s'opposant au bien) pour faire avancer l’histoire.

- Dans la théologie chrétienne, notamment celle élaborée par Thomas d’Aquin, le mal est une possibilité inscrite dans la nature des êtres créés. Ainsi le mal a été permis par Dieu parce qu’en fin de compte il en tire du bien. C’est ce qu’affirme la liturgie romaine en faisant chanter : " felix culpa, bienheureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur.

- Le philosophe luthérien Gottfried Leibniz (1646-1716), cherchant à justifier le Dieu souverain, arrive à la conclusion qu’il faut bien supposer pour tout ce qui arrive une raison suffisante de telle sorte que ce monde ne saurait être que le meilleur des mondes possibles !

- Le père Teillard de Chardin (1881-1955), récupérant les grandes théories de l’évolution, considère le mal comme un inévitable déchet de la création évolutive. Par des voies distinctes de celles de Hegel il parvient toutefois au même optimisme affirmant que le mal se mue en facteur de sur-évolution et finalement de divinisation. Pour lui, le " fameux problème du mal " n’existe plus.

LES APPROCHES DUALISTES

On nommera dans ce groupe des pensées qui ont pour trait commun de faire apparaître une causalité extérieure à Dieu.

- Le dualisme s’est exprimé sans ambiguïté dans la religion perse, le mazdéisme, laquelle a engendré le manichéisme (de Mani ou Manès, 3e s.). Dans le manichéisme le mal est un principe métaphysique premier, éternellement en guerre avec le bien. Les Cathares ont exprimé une doctrine proche du manichéisme.

- La philosophie grecque a également exposée une pensée de ce type en développant un idéalisme qui se heurte fondamentalement à la matière, laquelle est donc responsable de l’imperfection qui règne ici-bas. L’hérésie gnostique puise à cette source pour faire du Dieu de l’Ancien Testament, créateur du ciel et de la terre, un dieu mauvais en opposition au Christ spirituel (Marcion).

- Dans la théologie chrétienne, lorsqu’on a parlé d’une causalité indépendante venant résoudre le problème de l’origine du mal, c’est presque toujours la liberté de l’homme qui est nommée. A la manière de C.S. Lewis on conclut qu’il est essentiel à la liberté de pouvoir dire non à Dieu comme de pouvoir lui dire oui, Dieu laissant la chose indéterminée.

- Ce type de dualisme qui se révèle par l’affirmation d’un domaine où Dieu n’exerce plus sa souveraineté, s’accentue dans la théologie protestante libérale moderne. Appuyée sur la faiblesse du Christ dans son Incarnation, on dira que Dieu est limité ou qu’il est en devenir, qu’il ne peut donc influencer les agents historiques que par la persuasion.

LES APPROCHES " PESSIMISTES "

On nommera dans ce groupe (restreint !) des pensées qui ont pour trait commun d’admettre que le mal (la contradiction) est dans l’Etre, voire pour les chrétiens, qu’il est en Dieu.

- Le philosophe allemand Arthur Schopenhauer (1788-1860) avait déjà développé, en réaction contre les grandes conceptions systématiques du moment, une philosophie du " vouloir vivre ". Ce dernier est commun à l’ensemble de la réalité et engendre nécessairement la souffrance.

- Cette réflexion sur le "vouloir vivre" se poursuivra par une philosophie de " l’existence " laquelle aboutit chez Jean-Paul Sartre (1905-1980) où chez Albert Camus (1913-1960) à la négation du sens, c’est-à-dire à l’absurde.

- Même si cela peut apparaître étrange certains chrétiens se sont risqués à entendre (ou à sous-entendre) que le mystère du mal devait trouver sa source dans l’être même de Dieu... ainsi :

* Luther, qui parle de l’œuvre étrange de Dieu, le mystère de sa main gauche.
* Le jansénisme, qui parle d’une obscurité inquiétante dans le décret divin.
* Quelques théologiens modernes comme J. Moltmann ou P. Tillich chez qui le mal a sa place dans une dialectique intra-divine ; et même chez Karl Barth quand il considère la confrontation avec le mal comme ressortissant de la volonté de Dieu afin que l’homme vaincu apprenne à vivre de la grâce.

L’ENSEIGNEMENT DE L’ECRITURE

- Trois thèses bibliques doivent être maintenues ensemble :

1) Le mal est mauvais totalement, radicalement, absolument. On ne doit donc lui trouver aucune justification (Es.5/20 ; Rm.l2/9).
2) Dieu est vraiment souverain. La Bible enseigne un monothéisme exclusif. Il n’y a donc pas la moindre petite parcelle de réalité qui soit indépendante de son vouloir (Lam.3/38 ; 2 Sm.l6/10).
3) On ne peut imputer à Dieu la moindre complicité avec le mal. Dieu est bon, totalement, radicalement, absolument. Dieu est saint (Dt.32/4 ; Jc.l/13 ; 1Jn.1/5).

- L’harmonisation de ces trois thèses est impossible. Comme Job nous restons sans réponse et l’Ecriture nous invite ici à courber humblement nos têtes (Dt.29/28 ; Job 38/2 et 42/2-3 ; Rm.11/33-36). Cette absence de solution est blessante pour la raison et semble nous handicaper dans notre justification de la foi, pourtant prêtons attention au fait qu’aucune doctrine rivale n’apporte une solution satisfaisante ! En effet, elles ont toutes tendance à atténuer, voire à nier le mal. Le refus biblique d’intégrer le mal dans une démarche rationnelle est la démonstration que ce dernier est essentiellement étranger à la création et à son ordre, qu'il est donc foncièrement mauvais et haïssable.

- Enfin, seul le maintien des trois vérités bibliques nous permet d’espérer ! On ne peut en effet attendre de victoire sur le mal que si Dieu est totalement souverain, totalement bon, et si le mal est vraiment une réalité haïssable. "Avec toute autre hypothèse le sol se dérobe sous qui veut espérer" (Henri Blocher, à qui nous empruntons l’essentiel de ce cours).

Lectures complémentaires
à télécharger


d' Henri Blocher : "Le problème du mal" in Ichthus 1982/3 (voir note ci-dessous) ; les pages 2 à 11

Note : plusieurs articles ou extraits d'articles proposés dans ce site sont issus de la revue Ichthus. Tout en remerciant vivement leurs auteurs, nous devons indiquer que cette Revue a malheureusement cessé de paraître en 1986.


document RTF de 46 ko

3.

Histoire de l'Eglise (B/2)

L'exigence de Dieu
Wyclif et Huss

Le document ci-dessous est essentiellement issu d'un dossier catéchétique publié au début des années 70 par la Société des Ecoles du Dimanche et intitulé : "30 fiches d'histoire de l'Eglise". Ce dossier n'est plus édité.

L Les XIVe et XVe siècles sont pour l'Europe des siècles agités et difficiles.

K Dans plusieurs pays, en particulier en Angleterre avec Wyclif et en Bohême avec jean Huss, on voit se dessiner des mouvements révolutionnaires à caractères nationaux dont les répercussions sur la vie de l'Eglise sont importantes.

J En protestant contre les abus de l'autorité pontificale et de certains ordres mendiants, en mettant au premier rang les exigences de la Parole de Dieu et l'assurance du salut par la foi seule, ces mouvements sont comme les germes de la Réforme du XVIe siècle.


I. - L'EUROPE A LA FIN DU MOYEN AGE.

1. - Aux XIVe et XVe siècles l'Europe est agitée : en 1337 commence la guerre de Cent Ans qui met aux prises la France et l'Angleterre au sujet de la succession capétienne ; en Allemagne, l'empire se désagrège en un grand nombre de petits états, unis en théorie mais indépendants de fait, ce qui crée une situation d'anarchie qui se prolonge au cours des deux siècles suivants.

2. - Peu à peu se développe une civilisation en marge de l'Eglise. Les princes laïcs exercent une influence de plus en plus grande sur leurs états et sur leurs villes ; ils contrôlent de plus en plus étroitement les institutions ecclésiastiques qu'ils subventionnent. Les arts profanes, le commerce, les sciences prennent un essor surprenant ; en particulier la littérature non religieuse se développe abondamment, littérature où les laïcs donnent le ton, parfois piquant, à l'égard du clergé.

3. - Depuis la chute de l'empire romain, c'est l'Église qui est le guide de la civilisation. Quelle est son attitude en face de ce courant ? Peut-elle laisser se créer une civilisation qui échappe à son influence ?
Innocent III (pape de 1198 à 1216) écrivait : " Nulle part la liberté de l'Église n'est mieux assurée que là où l'Église romaine maintient entière sa puissance, aussi bien dans les affaires temporelles que dans les affaires spirituelles. " Pour l'Église romaine la tentation est donc grande de vouloir maintenir coûte que coûte les affaires temporelles sous son autorité.

4. - Cette nouvelle civilisation qui échappe pour une part à l'initiative et à l'autorité de l'Eglise crée un trouble dans l'Église et porte préjudice à sa mission. Le clergé, par exemple, veut profiter de cette prospérité séduisante. La curie ayant des besoins financiers de plus en plus grands, un système de collecteurs pontificaux est organisé.

5. - La rivalité au sein du Sacré Collège pour la succession du pape Grégoire XI mort en 1378 entraîne une division au sein de la chrétienté : deux papes sont élus par les mêmes cardinaux ; d'où deux sièges pontificaux : Rome et Avignon. C'est le " grand schisme d'occident " qui dure de 1378 à 1417. Le concile de Constance met fin à ce schisme. (voir liste des papes)

6. - Dans plusieurs pays d'Europe on voit se dessiner au XIVe siècle et au XVe siècle des mouvements révolutionnaires à caractères nationaux mais dont les répercussions sur la vie de l'Église sont importantes car ils font naître de vigoureuses protestations contre le pape et certains ordres mendiants.


II. - EN ANGLETERRE : WYCLIF.

1. - Un homme transforme la protestation politique de beaucoup en protestation théologique, en mettant l'autorité de la Parole de Dieu au-dessus de l'autorité du pape et en insistant sur le fait que le salut vient de la seule foi en Christ.
Cet homme, John Wyclif (1324 ?-1384), après avoir été étudiant à Oxford, y devient professeur en 1361. Prenant position contre le pape pour défendre des intérêts nationaux, il déclare que l'Eglise n'est pas propriétaire de ses biens, mais en est simplement intendante ; il réclame la sécularisation des biens du clergé. Attitude qui lui vaut de comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint-Paul de Londres. L'aide du duc de Lancastre amène un acquitternent, malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire.

Wyclif continue à réclamer une réforme de l'Eglise ; il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Surtout Wyclif veut mettre la Parole de Dieu à la portée de tous ; il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités, organise un corps de prédicateurs itinérants (selon l'ordre de Matthieu 10). Sa " Confession de maître Jean Wyclif " se termine par ce cri : " Je crois que la vérité finira par triompher. "

2. - En 1382 Wyclif présente au roi et au Parlement les " Quatre Articles " dans lesquels il demande : l'abolition des voeux monastiques, l'abolition de l'exemption des taxes fiscales pour le clergé et ses biens, la suppression des dîmes et offrandes imposées, la prédication de la pure doctrine de Jésus-Christ sur l'eucharistie.

3. - Un tribunal ecclésiastique condamne Wyclif qui, abandonné par la noblesse à la suite d'une révolte paysanne dont il n'est pas responsable, se retire dans sa paroisse de Lutterworth (Leicestershire). Là il peut achever un grand traité, le " Trialogus " qui, entre beaucoup d'autres idées hardies pour l'époque, place la Bible au-dessus de l'Église.

Wyclif a beaucoup lutté mais sans être fortement persécuté. Il n'en sera pas de même pour ses disciples et pour sa dépouille mortelle qui est condamnée par le concile de Constance (1415) à être exhumée et brûlée. Ce qui fut fait un peu plus tard.


III. - EN BOHEME : JEAN HUSS.

1. - Jean Huss (1369-1415) poursuit le combat mené par Wyclif ; car l'Université de Prague se penche avec passion sur les écrits nouveaux, en particulier ceux de Wyclif. Huss, de souche paysanne, est professeur dans cette Université dont il devient recteur en 1402. Très influencé par les idées de Wyclif dont il traduit plusieurs oeuvres, il fait une critique sévère des indulgences et des abus du clergé. Condamné par le pape Jean XXIII, Jean Huss quitte Prague sur les conseils du roi Wenceslas ; il prêche alors dans les campagnes, écrit de nouveaux traités (en particulier - " l'Eglise ") où il proclame la supériorité de la Bible sur le pape et réclame la communion sous les deux espèces : le pain et le vin. Il refuse d'aller à Rome pour y être jugé sur ses prétendues erreurs.

2. - En 1414 le roi Sigismond le somme de se présenter au concile qui doit se réunir à Constance. Contrairement aux promesses du roi, Jean Huss est accusé d'hérésie et arrêté sur l'ordre du pape Jean XXIII après un mois de séjour à Constance. Enfermé dans des conditions atroces, c'est dans une cellule nauséabonde qu'il écrit ses traités sur le Décalogue, l'oraison Dorninicale, le péché mortel, le mariage, ainsi que des lettres vibrantes de confiance en Dieu. Après avoir connu d'autres cachots il est condamné par le concile de Constance (1415) pour ses " 260 erreurs et hérésies ". Il refuse de se rétracter : " Pour que je me rétracte, dit-il, il faut qu'on me persuade que les Ecritures me condamnent. "

Il meurt sur le bûcher le 6 juillet 1415, priant et chantant. Ses cendres sont jetées dans le Rhin.

THEMES DE TRAVAUX ET DE RECHERCHES.

1. Quand Wyclif traduit la Vulgate (bible latine de Jérôme) en anglais on l'accuse de " jeter des perles devant les pourceaux ". Où trouve-t-on cette expression dans la Bible ? Wyclif mérite-t-il cette accusation ? Pourquoi ?

2. D'où vient le mot simonie dont parle Jean Huss dans son sermon? (Actes 8 : 9-24). En quoi cela explique-t-il le sens de ce mot ? (voir "documents")

Documents :

FAUT-IL ALLER A ROME ?

Extraits d'un sermon de Jean Huss où il explique pourquoi il ne peut obéir au pape et aller à Rome pour y être jugé.

Voici trois ans que j'ai moi-même nommé mes défenseurs à Rome. Toutefois ils n'ont jamais été admis à une audience, non, ils furent même retenus et jetés en prison parce qu'ils demandaient une cour et un jugement équitables.
Quel bien pourrais-je accomplir par ce voyage ? A la cour du pape, je ne trouverais pas la sainteté, mais des luttes, des querelles, et mainte occasion de simonie.
Le pape, mon ennemi, est mon juge, et les cardinaux, également mes ennemis, comme on peut le voir dans leurs lettres où ils me traitent d'hérétique, bien qu'ils ne m'aient encore jamais vu ou entendu. Prêcber contre l'avarice, et surtout contre la simonie, c'est se montrer immédiatement leur ennemi. Devant une telle cour, mon sort serait celui de notre Seigneur Jésus-Christ, maintenant surtout que tant de faux témoins s'élèvent contre moi et envoient à Rome les témoignages qu'ils ont portés contre moi à Prague.

1. Pour quelles raisons Huss refuse-t-il d'aller à Rome ?
2. Qu'est-ce que la simonie, ce péché dont Huss accuse la cour du pape ?
3. Qu'est-ce qu'un hérétique ? Pourquoi Huss est-il accusé d'hérésie

Documents :

LETTRE DE JEAN HUSS

à ses disciples de Prague au moment où il se rend au concile de Constance

Je commence mon voyage vers mes très puissants et nombreux ennemis. Plus d'ennemis se lèveront contre moi que jadis contre notre miséricordieux Sauveur : évêques et princes temporels, universitaires et docteurs de la loi. Mais je me confie dans la bonté, la sagesse et la puissance de mon Rédempteur, afin que selon Sa promesse et par vos prières sincères, il me donne la sagesse et la persévérance de son Esprit-Saint, pour que je puisse souffrir jusqu'au bout sans être égaré par l'adversaire, même s'Il m'expose à la tentation, au mépris, à la prison et à la mort, comme il les a soufferts lui-même et permet que les souffrent Ses plus chers serviteurs. Il a souffert : pourquoi ne devrions-nous pas souffrir ? c'est pourquoi, frères et soeurs bien-aimés, priez avec ferveur qu'Il me donne la persévérance et me purifie de toute souillure. Et si ma mort peut servir Sa gloire et votre bien, qu'Il me vienne en aide, afin que, sans crainte, devant tous, je puisse endurer la souffrance,

4. Qui sont les ennemis de Huss au concile de Constance ?
5. Pour quelles raisons Huss accepte-t-il sereinement les souffrances et la mort qu'il sent venir ?

Documents :

Quelques pensées tirées de " L'Imitation de Jésus-Christ ".

Heureux celui qui comprend ce que c'est que d'aimer Jésus, et de se mépriser soi-même à cause de Jésus.
Il faut que notre amour pour lui nous détache de tout autre amour, parce que Jésus veut être aimé seul par-dessus toutes choses.
L'amour de la créature est trompeur et passe bientôt ; l'amour de Jésus est stable et fidèle.
Celui qui s'attache à la créature tombera comme elle et avec elle ; celui qui s'attache à Jésus sera pour jamais affermi.
Aimez et conservez pour ami celui qui ne vous quittera point, alors que tous vous abandonneront, et qui, quand viendra votre fin, ne vous laissera point périr.

Que vous le vouliez ou non, il vous faudra un jour être séparé de tout. Vivant et mourant, tenez-vous donc près de Jésus, et confiez-vous à la fidélité de celui qui seul peut vous secourir lorsque tout vous manquera.
Tel est votre bien-aimé, qu'il ne veut point de partage ; il veut posséder seul votre coeur, et y régner comme un roi sur le trône qui est à lui.
Si vous saviez bannir de votre âme toutes les créatures, Jésus se plairait à demeurer en vous.
Vous trouverez avoir perdu presque tout ce que vous aurez établi sur les hommes et non sur Jésus.

Ne vous appuyez point sur un roseau qu'agite le vent, et n'y mettez pas votre confiance, car toute chair est comme l'herbe, et sa gloire passe comme la fleur des champs.
Vous serez trompé souvent, si vous jugez des hommes d'après ce qui paraît au dehors ; au lieu des avantages et du soulagement que vous cherchez en eux, vous n'éprouverez presque toujours que du préjudice.

Cherchez Jésus en tout, et en tout vous trouverez Jésus. Si vous vous cherchez vous-même, vous vous trouverez aussi, mais pour votre perte. Car l'homme qui ne cherche pas Jésus, se nuit plus à lui-même que tous ses ennemis et que le monde entier.

Thomas A KEMPIS. L'Imitation de Jésus-Christ. Livre 11, chap. 7.

Traduit par CONNES.


Documents :

Doléances de Savonarole.

Est-ce que les moeurs présentes et les temps malheureux où nous sommes réclament qu'on approuve et qu'on applaudisse ceux qui voudraient retenir la vérité captive et la réduire à néant ?

Race de vipères, qui ressemblez, comme l'a dit notre Seigneur, à des sépulcres blanchis ... ayez honte à la fin de vos jalousies ... Voyez ... vos complices et vos partisans, les adversaires acharnés de la vérité et du chien fidèle du Christ. Ce sont des orgueilleux, des ambitieux, des avares, des adultères, des mangeurs et des buveurs, et les pires de tous sont ceux qui, ayant renié leur profession et déguisant leur apostasie sous une toison de brebis, sont rongés par l'envie et l'ambition. Repentez-vous donc, et rentrez enfin en vous-mêmes, si ma voix est encore capable de pénétrer dans vos oreilles aussi sourdes que celles de l'aspic. Et vous, bons prêtres, bons religieux, bons séculiers, qui êtes partout en grand nombre, je le sais, priez le Maître de la moisson d'envoyer de bons ouvriers dans son champ. Demandez-lui de vanner le bon grain, de le séparer de la paille, et de jeter l'ivraie au feu ; car il est proche et il se hâte, le temps où mon bien-aimé relèvera son bras en faisant justice et miséricorde sur la terre. levez vos têtes et voyez : l'été arrive et la moisson commence.

SAVONAROLE.
Lamentations contre les tièdes.